Le casque à pointe

Casque à pointe prussien

Pour son premier article, le Bazar de l’Histoire s’intéresse à un élément emblématique de la Grande Guerre, le casque à pointe. 

 

Casque emblématique, le Pickelhaube ou casque à pointe équipe les troupes prussiennes puis allemandes depuis 1842. Élément distinctif du soldat allemand de la guerre de 1870 et du début de la Grande Guerre, il finit même par le personnaliser, figurant même sur les dessins et caricatures anti-allemandes.

 

D’après Jean Lopez du magazine Guerres et Histoire, l’idée de ce casque avec une pointe viendrait du roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse qui aurait aperçu un modèle similaire en Russie à la table du Tsar Nicolas Ier et, emballé, aurait demandé le même pour ses régiments. Ce casque russe aurait lui été, selon l’historien Werner Bergengruen, emprunté par le Tsar au Ottomans. Par ailleurs, il est intéressant de souligner que le concept n’est pas récent car des trouvailles archéologiques montrent que la pointe figure déjà sur d’anciens casques celtes.

 

La conception du Pickelhaube revient à un métallurgiste d’Elberfeld, déjà fournisseur de l’armée, Wilhelm Jaeger qui présenta un prototype tout en métal au Ministère de la Guerre en 1841. Par ailleurs, l’idée de remplacer le fer par du cuir, plus léger, est proposée par un tanneur de Haspe, Christian Harkort. Une fois le projet validé, les deux firmes reçoivent commandes.

 

Peu à peu, tous les régiments prussiens adoptent ce nouveau casque avec quelques variants. Un casque intégralement métallique avec un couvre-nuque plus grand pour les cuirassiers, un aigle moulé à la place de la pointe pour la garde impériale et certaines unités de gendarmerie ou encore une boule qui se substitue à la pointe pour les artilleurs.

Après avoir été adopté par la Prusse en 1842, le modèle se répand vers les autres Lands allemands qui y accolent leurs propres armes et couleurs (par exemple la Bavière avec ses deux lions ou la Saxe avec son blason orné d’une couronne).

Par la suite, le modèle s’exporte à l’étranger où on le retrouve en Grande Bretagne, aux Etats-Unis, où une variante sera utilisée par le Corps des Marines des Etats-Unis entre 1892 et 1904, en Suède et en Amérique Latine. Aujourd’hui encore, porté par l’excellence prussienne, on le voit lors des parades militaires du Chili et de la Colombie.

 

Produit du savoir-faire prussien, ce casque en cuir renforcé est muni d’une visière et d’un couvre-nuque. Résistant, protégeant bien du soleil et de la pluie, ce modèle possède également un tapissage interne en cuir qui lui assure une bonne stabilité.

Fabriqué en cuir bouilli très épais accompagné d’une garniture en laiton et d’une pointe en métal il subira plusieurs modifications dans le temps. En 1914, c’est le modèle modifié de 1897 qui équipe le fantassin allemand. Le laiton a été remplacé par un alliage plus léger, 5 trous d’aération sont percées à la base de la pointe et un nouvel aigle, aux ailes plus allongées, figurera sur la plaque frontale. En outre, à l’aube du conflit mondial, considérant les nécessités du camouflage, un règlement de campagne imposera de recouvrir entièrement le casque d’une toile feldgrau avec le numéro du régiment imprimé en rouge.

Accompagné de sa célèbre pointe, le Pickelhaube est devenu l’emblème de l’orgueil et du militarisme allemand. Cette pointe, imaginée au début pour dévier les coups de sabre et de crosse, sera vite un défaut dès 1915 car trop voyante par l’adversaire (le soldat peut aussi  rester coincé dans les fils barbelés). On imagine au début de ce conflit d’un genre nouveau, ce casque destiné à jouer un rôle plus “psychologique” que de protection.

En 1916, devenu obsolète par le nouveau conflit en cours (en plus de la pénurie de cuir qui voit apparaître des modèles en carton compressé ou en feutrine de piètres qualités), notamment face au tir d’obus, il sera remplacé par le fameux Stahlhelm, casque en acier, à la forme enveloppante offrant une protection plus efficace. Doté d’une visière, sa forme atypique permet également de protéger les oreilles. Ce nouveau casque, moins ostentatoire mais plus industrielle, servira également à identifier la silhouette du soldat allemand, mais cette fois-ci sous le régime nazi.

Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille ce site (en anglais) Kaiserbunker.com qui explique plus en détail !

Objet de la collection - casques
Pickelhaube vs Stahlhelm Musée de la Grande Guerre de Meaux

 

Musée de Zonnebeke – Wikicommons
Soldats Allemands 1914 – Wikicommons – Brück & Sohn Kunstverlag Meißen

Sources :

  • Musée de la grande guerre de Meaux/objets-collection
  • france3 région/grand est/haut rhin/orbey/abandon du casque à pointe par Anne de Chalendar
  • Magazine Guerres & Histoire n°37, un objet-une histoire par Jean Lopez 

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